Le métatarse est un groupe osseux situé à l’avant du pied, entre le tarse et les phalanges. Il participe à la statique et à la dynamique du pied. On vous en parle dans le détail dans cet article !
Métatarse : définition
Le métatarse est un ensemble situé à l’avant du pied, constitué de 5 os longs appelés métatarsiens. Chaque métatarsien possède une base (métaphyse proximale), un corps (diaphyse) et une tête (métaphyse distale).
Le métatarse s’articule dans le pied avec :
- en arrière, les os du tarse antérieur, formant l’articulation tarso-métatarsienne, ou Lisfranc : en position interne, les bases des métatarsiens sont reliées aux os cunéiformes (respectivement médial, intermédiaire et latéral) ; en position externe, elles s’unissent à l’os cuboïde ;
- en avant, les bases des 5 premières phalanges des orteils, du gros orteil au petit orteil, constituent l’articulation métatarso-phalangienne.
Les muscles et les ligaments sont nombreux et participent à la mobilité du pied et au maintien de la voûte plantaire.
Métatarsiens et statique du pied
La statique du pied repose principalement sur la voûte plantaire, ensemble ostéoarticulaire, ligamentaire et musculaire, qui permet au pied de s’adapter à tous les sols et de supporter le poids du corps lors de la marche, la course et le saut.
L’équilibre de la voûte plantaire est fonction de l’intégrité des éléments osseux, de l’harmonie de la répartition des forces et de l’équilibre musculaire.
Elle est soutenue par 3 arches qui reposent sur le sol par 3 points, la tête du 1er métatarsien, la tête du 5e métatarsien, et la tubérosité postérieure du calcanéum, l’os du talon :
- l’arche antérieure, la plus courte et la plus basse, va du 1er métatarsien à la tête du 5e métatarsien, elle est légèrement concave et repose sur le sol ;
- l’arche externe est tendue entre la tête du 5e métatarsien et l’os du talon, elle est rigide, peu élevée et prend contact avec le sol ;
- l’arche interne va du 1er métatarsien à l’os du talon : c’est la plus haute et la plus longue, elle est souple et n’est pas en contact avec le sol.
Métatarsiens et dynamique du pied
Le métatarse et les articulations qu’ils forment interviennent dans la marche, en particulier le déroulement du pied et la phase d’élan.
Les mouvements du pied sont principalement :
- l’inversion, qui combine une adduction, une flexion plantaire et une supination (rotation interne), elle porte la plante du pied vers l’intérieur ;
- l’éversion, qui combine une abduction, une flexion dorsale et une pronation (rotation externe), elle porte la plante du pied vers l’extérieur.
L’articulation de Lisfranc participe à l’éversion-inversion par sa flexion-extension. Toutefois, elle ne peut réaliser que des mouvements de très faible amplitude.
L’articulation métatarso-phalangienne a une mobilité :
- en flexion/extension de l’avant-pied ;
- en latéralité, les mouvements sont très réduits, il n’y a en outre pas de possibilité d’opposition du gros orteil (adaptation du pied humain à la marche bipède).
Métatarse : pathologies associées
Les pathologies du métatarse peuvent donner des métatarsalgies, douleurs plantaires situées sous la tête des métatarsiens. Elles peuvent être d’origine mécanique, mais aussi traumatiques ou encore inflammatoires.
Les anomalies mécaniques, elles, sont en rapport avec une anomalie de la statique du pied :
- hallux valgus, déformation du pied la plus fréquente :
- déviation progressive du gros orteil vers l’extérieur du pied ;
- apparition d’une bosse (exostose) au niveau de la tête du métatarsien s’enflammant douloureusement avec le frottement contre la chaussure (bursite) ;
- aggravation vers une déstabilisation de tout l’avant-pied (orteils en griffe, luxation des orteils) ;
- orteils en griffe, parfois consécutifs à un hallux valgus ou une instabilité métatarso-phalangienne ;
- bunionette (quintus varus), équivalent de l’hallux valgus au niveau du 5ème orteil ;
- instabilité métatarso-phalangienne (souvent du 2ème rayon), due à un déséquilibre musculaire par hyper-appui de l’avant-pied qui peut entraîner une luxation de la tête du 2ème métatarsienne ;
- instabilité du 1er rayon ou hypermobilité de la colonne interne du pied (qui s’étend du gros orteil à l’arrière du pied) due à un défaut d’appui du 1er métatarsien avec compensation du poids sur les métatarsiens voisins ;
- syndrome de Morton : douleurs intenses à la marche à hauteur du 3ème et du 4ème métatarsien, associées à des troubles de la sensibilité cutanée des orteils concernés, en rapport avec une compression du nerf digital par des ligaments dans un contexte d’hyper-appui.
- des malformations de l’avant-pied ;
- des fractures traumatiques (fréquence de la fracture du 5ème métatarsien) ou des fractures de fatigue (souvent le 2ème métatarsien) par hyper sollicitation et microtraumatismes répétés. Une luxation tarso-métatarsienne (déplacement dorsal de la base du métatarsien) peut être associée ;
- une nécrose de têtes métatarsiennes, parmi lesquelles figure la maladie de Freiberg, nécrose de la tête du 2ème métatarsien, survenant souvent chez l’adolescente ;
- des tumeurs (ostéome ostéoïde, sarcome d’Ewing) ;
- des atteintes liées à des maladies inflammatoires (goutte, polyarthrite rhumatoïde, spondylarthropathie, chondrocalcinose) ;
- des artériopathies ;
- du diabète.