Le névrome de Morton correspond à une petite masse douloureuse sous la plante du pied. C’est Thomas G. Morton qui décrit en 1876 « une affection douloureuse de la 4e articulation métatarsophalangienne » en rapport avec des filets nerveux coincés entre les têtes métatarsiennes.
Névrome de Morton : généralités
Anatomie du pied
Les os du pied s’organisent en trois parties :
- Le tarse : qui correspond à un ensemble de 7 os, dont le calcanéum (os de talon) et le talus qui s’articule avec le tibia et la fibula pour former la cheville.
- Le métatarse : qui comprend 5 os appelés métatarses faisant la liaison entre le tarse et les phalanges des doigts de pied.
- Les phalanges : os contenus dans les doigts de pied.
Les os du pied sont reliés entre eux par des ligaments et reliés aux muscles par des tendons.
Un ensemble de vaisseaux et de nerfs s’insinuent entre les différentes structures locomotrices.
Qu’est-ce qu’un névrome de Morton ?
Voici les caractéristiques du névrome de Morton :
- C’est l’inflammation d’un nerf situé entre deux doigts de pied.
- Le plus souvent, il s’agit du 2 et 3ème espace inter-digital (et/ou espace inter-métatarsien) ou bien du 3 et 4ème.
- C’est l’une des affections les plus vues en consultation chez le médecin généraliste, le rhumatologue et l’ostéopathe.
Symptômes du névrome de Morton
Le névrome de Morton est souvent très douloureux et peut gêner les activités de la vie quotidienne :
- Douleur à la marche, sensation d’une « boule », comme un caillou sous le pied, améliorée par le repos et lorsque la personne quitte sa chaussure. Le port de chaussures trop étroites devient impossible.
- Attitude antalgique à la marche, démarche inhabituelle voire boiterie.
- Sensation de brûlures et de décharges électriques dans les orteils.
- Absence de déficit moteur.
L’interrogatoire et l’examen clinique du pied permettent au médecin consulté de suspecter un névrome de Morton. On demande parfois des examens d’imagerie complémentaires :
- une radiographie du pied permet d’éliminer un problème osseux ;
- une IRM ou une échographie du pied peuvent parfois mettre en évidence le névrome en cas de doute diagnostic.
Traitement du névrome de Morton
C’est le médecin généraliste ou le rhumatologue qui s’occupent de cette maladie avant d’avoir éventuellement recours à la chirurgie.
Traitement médical du névrome de Morton
En plus d’éviter le port de chaussures serrées, le traitement médical du névrome de Morton repose sur différents médicaments anti-douleur :
- antalgiques simples type paracétamol : Doliprane®, Efferalgan® ;
- antalgiques contenant des dérivés codéïnés : Lamaline®, Ixprim®, Dafalgan codéïné® ;
- anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : Apranax®, Profenid®, Biprofenid®, Voltaren gel® ;
- infiltrations de corticoïdes sont souvent efficaces. Elles peuvent être renouvelées si besoin.
Par ailleurs, la kinésithérapie et physiothérapie apportent également un bénéfice. Le port d’une orthèse plantaire (semelle), peut modifier l’appui plantaire et permettre de soulager la personne.
Traitement chirurgical d’un névrome de Morton
Le traitement chirurgical apporte plus de 90 % de guérison :
- L’intervention chirurgicale d’ablation du névrome de Morton peut se faire en ambulatoire (sur une journée). Elle dure en général 15 minutes. La cicatrice est d’environ un centimètre.
- La reprise de la marche peut être immédiate. Il peut subsister une petite douleur pendant 1 à 3 mois, le temps d’obtenir une guérison optimale.
- Une visite de contrôle chez le chirurgien est programmée 1 mois après l’intervention.
- L’arrêt de travail est variable selon la profession exercée.
- Les risques et récidives de la chirurgie sont très faibles en dehors des complications liées à l’anesthésie générale.
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